Review

Label : Atlantic (1971) – Réédition CD en 1993 label Rhino – Réédition LP en 2013 label 4 Men With Beards US

04 novembre 2008 : Barack Obama est élu 44ème président des États-Unis, un événement quasi planétaire… Il est noir, ce qui prend tout son sens sur ce continent où la fin de la ségrégation a été actée dans les années 60, ce qui historiquement est récent. Lors de l’investiture de Barak Obama à son poste de président, en janvier 2009, c’est Aretha Franklin qui interprétait l’hymne « My country, t’is for thee ». Un choix hautement symbolique, devant les écrans du monde entier, car si la ‘Queen Of Soul’ a vécu la période moins glorieuse de son pays, c’est par son histoire familiale que cette élection a été gravée comme un moment inoubliable.

En effet, son père, pasteur baptiste, le Révérend C.L. Franklin était engagé auprès de Martin Luther King dans la lutte pour le mouvement des droits civiques des Noirs. En cette année 2008, l’inoubliable discours de la marche vers Washington D.C. du 28 août 1963, « I have a dream », prononcé par le Révérend Luther King, a résonné dans le cœur de tous les Américains et de chaque téléspectateur conscient de ce qui se jouait. C’était comme l’aboutissement d’un rêve inavouable, inespéré, éveillé mais aussi un tournant dans l’Histoire et Aretha Franklin en a été un témoin et une activiste.

Cette grande dame de la Soul est toujours debout, présente mais est de santé fragile. Elle a combattu ses problèmes de santé sur des années, entre des pertes de poids rapides et des reprises importantes, une dépendance à l’alcool mais aussi au tabac, malgré tout, elle poursuit son chemin.

Mais revenons à l’album dont il est question, le live réalisé le 19 mai 1971, enregistré les 5 et 7 février 1971 : «  Live At Fillmore West » qui constitue le 22ème opus de sa discographie et le 9ème au sein d’Atlantic ainsi que le second live au sein du label, le précédent de 1968, est « Aretha In Paris » (SD 8207). Le live de 1971 est précédé de l’album « Spirit In The Dark » (SD 8265) qui a connu un grand succès avec entre autre le titre qui porte le même nom mais c’est aussi l’album qui marque son divorce après 8 ans de mariage ponctué de violences conjugales.

L’auditorium Fillmore West, situé à San Francisco, est une salle de spectacles créée par Bill Graham. Des artistes comme Pink Floyd, Jimi Hendrix, Santana, The Who, Otis Redding… sont passés sur les planches du Fillmore West.

Aretha Franklin est entourée de King Curtis, le saxophoniste (ténor et soprano) de la maison Atlantic et il dirige l’orchestre tout au long de ce live.

La section rythmique se compose de Billy Preston (orgue) et des Kingpins, incluant Cornell Dupree (guitare), Jerry Jemmott (basse), Bernard Purdie (batterie), Pancho Morales (congas), Truman Thomas (piano électrique).

Les Memphis Horns sont présents et dirigés par Wayne Jackson (trompette) et Andrew Love (saxophone ténor) ; les autres membres sont Roger Hopps (trompette), Jack Hale (trombone), Jimmy Mitchell (saxophone baryton) et Lou Collins (saxophone ténor).

Aux chœurs, les Sweethearts Of Soul : Brenda Bryant, Margaret Branch et Pat Smith.

À la production : Arif Mardin et Jerry Wexler.

« Respect » (version qui surpasse celle de l’auteur, le grand Otis Redding) démarre sur un tempo soutenu, rapide et l’auditeur est directement plongé dans l’ambiance du show. Les autres titres de cette face sont des reprises d’artistes de la scène Pop Rock Folk de l’époque, à retenir le sensible « Bridge over troubled water » de Paul Simon, le bougeant « Eleanor Rigby » de John Lennon et Paul McCarney.

La face B de l’album se rapproche des racines Gospel d’Aretha Franklin, les deux titres écrits par la chanteuse, apportent de la force, du rythme, et le public chauffé à blanc dès la seconde partie de « Dr. Feelgood », suivi de l’intense et méga hit « Spirit in the dark » dont la ferveur est augmentée avec l’intervention du grand Ray Charles à la voix sensationnelle et qui sur ce titre remplace Aretha F. au piano électrique dès l’instant où elle demande au public s’il veut encore plus de son. L’album s’achève sur l’incontournable, planétaire et unitaire « Reach out and touch  » écrit par le couple Nickolas Ashford & Valerie Simpson de la maison Motown.

Une seconde face proche de l’esprit des églises noires avec des chœurs puissants, des interjections vers le public qui répond aux appels, aux cris s’élevant dans l’auditorium.

Un album comportant que des hits et dont l’énergie du Gospel prédomine, le tout porté par la puissance vocale d’Aretha Franklin, des choristes excellentes, une section rythmique relevée. Aretha Franklin s’approprie avec aisance les titres aussi bien Pop Rock que R&B, elle en fait des tubes, leur apporte une couleur musicale lisible par tous et indépendamment des origines, et toujours proche de ses racines Gospel, son chant en est marqué, empreint.

Aretha Franklin est une immense artiste, chanteuse et musicienne, dont l’intensité, l’authenticité et la force du chant s’expriment tout au long de ce Live At Fillmore West, un album qui méritait d’être mis en lumière tout comme son interprète.

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About the Author

Bluesy
Sensible aux notes Blues, réceptive au Gospel, émue par la Soul, adepte des guitares criardes, mordue des chanteurs(es) au coffre puissant, accro au Raw Funk, addict de Funk 70's tellurique et de Funk 80's tabassant, curieuse des sonorités du monde, à l'écoute des musiques actuelles dansantes... Telle est ma quête, et depuis une dizaine d'années j'ai axé mes élans vers le Funk et ses dérivés ainsi que la Soul, avec une forte dominante pour les rythmes et tempos groovesques bien relevés, tout ce qui fait bouger le corps, la tête et crée une explosion de saveurs pour l'ouïe et les sens. La musique a été, est et sera à jamais un espace ouvert sur le monde et une passerelle entre les êtres pour des échanges passionnés !