Review

Label : Daptone

Cinq ans se sont écoulés entre cet album éponyme et le précédent « Security ». Cinq longues années pendant lesquelles le groupe n’est pas resté totalement inactif, loin de là ! Tout d’abord l’an dernier le groupe a sorti un maxi relativement peu médiatisé  sur le label Exactamundo, « Red Rat » , une reprise de Bob Marley ainsi que le titre « Se Chiflo » comme son nom l’indique aux consonnances latines. Mais surtout une grande partie des membres du groupe ont été recruté pour participer à la comédie musicale sur la vie du roi de l’afrobeat, produit par Will Smith et Jay Z : « Fela ! » qui remporta un franc succès à Broadway et à Londres ! Cette plongée dans le repertoire et la vie de cette icône nigerienne est sans aucun doute une des influences les plus prégnantes dans la construction de ce nouvel opus.
C’est donc avec une inspiration cetraine que le groupe est rentré dans les studios du Daptone’s House Of Soul, pour en deux semaines enregistrer leur album éponyme produit par l’un des boss du label Gabe Roth. Le combo n’était pas en terrain inconnu puisque rappelons le les connexions entre Antibalas et Daptone sont nombreuses, par les artistes qui officient dans différents groupes (Dap-Kings, Budos Band…) et aussi parce que sur ce même label, une des perles du collectif était sorti dans les bacs en 2003 sous la forme du E.P « Ché Ché Cole ».

Alors « Who Is This America ? » et encore plus « Security »  avaient montré une facette d’Antibalas, personnelle, introspective voire sombre, ici on ressent un certain retour aux sources, proches des LP sortis chez Ninja Tune il y’a dix ans, « Liberation Afrobeat vol.1 » ou « Talkatif ». Mais c’est surtout comme je le disais précédemment l’influence de Fela qui est la plus flagrante ici. Rien de bien nouveau quand on fait de l’afrobeat me direz-vous, sauf qu’ici on ressent vraiment les vibrations du maitre Kuti, on point de se demander parfois si son fantôme ne rodait pas ici ou là pendant leur phase de création ! C’est vrai dès le premier titre « Dirty Money » , premier single également de l’album avec sa critique du capitalisme sauvage et son clip réalisé avec justesse. « Sur « The Rat Catcher » on a vraiment l’impression d’entendre le jeu de batterie de Tony Allen sur cet instrumental de grande classe. « Ari Degbe » en est également une belle illustration. « Saré Kon Kon », premier extrait proposé au public en avant première, est un véritable appel à la transe avec sa rythmique tonitruante et ses cuivres accérés, dont le saxophone de Martin Perna, leader du groupe, s’engage dans un solo des plus excitants avant que les voix ne prennent le dessus pour notre plus grand plaisir.

Sur six titres percutants (avec un petit bémol sur « Ibéji » moins intéressant que le reste des compositions), le groupe montre que plus que jamais il est le leader du genre, celui qui a montré la voie  (après The Daktaris qui en était le prémice), il y’a plus de dix ans et qu’il en est toujours un de ses plus dignes représentants ! C’est déjà à coup sur un futur classique de Daptone !

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Sare Kon Kon (Redux) by Antibalas



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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).