Review

Label : Do Right ! Music

A

ttention à ne pas passer à côté de cet album surtout si vous aimez l’afro-beat et les orchestres qui savent jouer une musique métissée et éclectique. The Souljazz Orchestra, groupe de cinq musiciens, se forme en 2002 à Ottawa, au Canada. Influencés par James Brown, Tito Puente, Herbie Hancock ou encore Fela, c’est ce dernier qui sera l’inspiration conductrice du combo. Le groupe entouré par des chanteurs comme Beautiful Nubia ou Mighty Popo aura la chance alors d’ouvrir les concerts de Sharon Jones & The Dap-Kings, Etta James, John Lee Hooker Jr….et d’écumer les festivals canadiens les plus présitigieux. Au printemps 2005, enrichi par de telles expériences, The Souljazz Orchestra sort son premier album intitulé « Uprooted ». Encensé par la critique pour son mélange subtil d’afro-beat, de funk Jamesbrownien et de jazz, cet opus est une véritable révélation pour le public canadien.

C’est donc près d’un an et demi plus tard, que le groupe décide de sortir cet album « Freedom no go die » qui fait appel encore aux collaborations de Mighty Popo principalement mais aussi de Alanna Stuart et de Marielle Rivard pour les voix. Dès sa sortie Gilles Peterson a placé cet album dans sa playlist et on comprend pourquoi ! Cet album de neuf titres surprend par sa maturité et la facilité avec laquelle, le groupe passe d’un registre à l’autre. Enfin pas tout à fait puisque l’influence principale reste bel et bien l’afro-beat et plus particulièrement Fela, qui inévitablement reste une référence incontournable à qui s’essaye au genre. Pas de doute son esprit a été assimilé tant musicalement que par les textes revendicatifs. Les titres « Mista President » et « Freedom no go die » feat. Mighty Popo en sont un bel exemple. “The blind leading the blind” également même si la voix feminine de Alanna Stuart renouvelle étonnement le genre. (Avouons-le, les chœurs féminins dans l’afro-beat ne sont pas légions). Mais là où habituellement des longueurs peuvent se faire ressentir, dans certains morceaux fleuves de Fela (temps nécessaire pour que l’auditeur rentre en transe !), The Souljazz Orchestra fait dans l’efficacité avec des morceaux plus près des 5-6 minutes que du quart d’heure ! C’est d’ailleurs le cas sur les instrumentaux que sont « Mojuba », « Mugambi » ou encore le suprenant « Insurrection » qui mélange esprit funk wah, wah avec des cuivres ska ! Détonnant tout simplement !

Le groupe s’inspire aussi de ses autres influences. Les sonorités latines sont à l’honneur avec la bien nommée « Little Habana » pour du latin jazz du plus bel effet ! Quand au jazz, il est représenté par la reprise toute personnelle du classique de Pharoah Sanders : « The creator has a masterplan ». Enfin même le soukous est à l’honneur avec le facile mais efficace « Secousse soukous ». (en ce qui me concerne cependant, seule petite fausse note de l’album !).

En tous cas vous avez ici, sûrement un des représentants les plus talentueux de la scène afro-beat/ afro-funk d’Amérique du Nord ! Ce n’est pas compliqué tous les gens à qui j’ai fais écouté cet album l’ont adoré ! Si vous le connaissez pas encore vous n’avez plus qu’à céder à la tentation également et croyez-moi, vous ne serez pas déçus ! 

Ndlr : A noter que l’album sorti à l’origine en 2006 proposait une pochette différente de celle visible ici.

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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).