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Interviews

31 juillet 2013

Interview/Rencontre avec Sir OMAR : The King of Brit Soul

Vous le connaissez tous pour sa multitude de piercings, son improbable coiffure et sa dégaine de crooner destroy, rendu littéralement « high » par l’absorption de stupéfiants. Omar Lye Fook est accessoirement l’un des plus grands talents de la « Brit Soul », la Soul d’outre-Manche. Il le prouve avec son nouvel opus: « The Man ».   Rencontre avec un Omar, en petite forme, le lendemain d’une soirée avec le DJ londonien Gilles Peterson

Omar le reconnaît lui-même. Depuis la vague Acid Jazz, dont il est l’un des représentants, avec Jamiroquai, Incognito, Young Disciples et les Brand New Heavies, il applique une formule immédiatement reconnaissable à l’écoute de ses disques: « C’est une combinaison de Funk, de Latin Jazz, de Reggae et de musique classique. On reste collé à ce format. Tant que ça fonctionne ça ne sert à rien d’y toucher. Je suis le seul à sonner comme ça. » Si le son est toujours aussi identifiable c’est qu‘Omar fait toujours appel à la même bande de musiciens de session, qu’il fréquente depuis ses années de lycée, quand il chantait dans des fanfares et des jazz bands. Quant à la touche Reggae dans sa musique, Omar l’attribue à ses parents jamaïcains, qui l’ont biberonné avec John Holt, Dennis Brown et Bob Marley . « J’ai été influencé en particulier par mon père Byron Lye Fook, (à ne pas confondre avec Byron Lee NDLR), un chanteur reconnu, dont le groupe s’appelait « Jah Lion. » Sur « The Man » on sent cet apport Reggae dans le morceau « Bully », mixé par le propre frère de Omar: « Scratch professor » (pas « Scratch Perry »!)

12/10/2012 - OMAR

 Sept ans auront été nécessaires pour aboutir à cet autobiographique  « The Man ».« The Man », c’est bien sûr lui, Omar. « Quand j’ai parcouru les chansons je me suis rendu compte que ce serait le meilleur titre ». Titre de l’album mais aussi certainement le plus abouti, avec le flow particulier du soulman, bien posé sur une nappe de cordes et de cuivres. Capiteux sans être sirupeux. Un Omar qui a pris son temps, car entre temps, il a déménagé de Londres à Brighton, a eu deux filles jumelles auxquelles il a dédié la chanson « Ordinary day », s’est essayé à la comédie musicale avec « Been so long », une intrigue à cinq personnages, dans un bar de Camden Town,  et a même été anobli par la reine d’Angleterre. So british!

Reste que dans « The Man » les invités ne sont pas légion: le bassiste gallois Pino Palladino, la touche « bounce » de Jamiroquai avec Stuart Zender (ex-bassiste du groupe), un ami de longue de date, mais aussi l’ex-chanteuse de « Soul II Soul »: Caron Wheeler. Un choix qu‘Omar explique ainsi: « En 2006 quand j’ai fait l’album « Sing (If you want it) » il y avait beaucoup de guests (Angie Stone, Stevie Wonder, Common, JC Bentley…). Cela a été une migraine en terme de délai et d’administration avec les différents managements et les labels. Cette fois j’ai décidé de recourir à un cercle plus restreint. » Facile pour Omar de travailler avec Caron Wheeler, qui n’est pas une totale inconnue pour lui: «Elle faisait les choeurs pour moi sur mon troisième single: « You and me » en 1988, sorti sur le label de mon père: Kongo Records. Notre morceau sur « The Man »: « Treat you » sonne très UK, un peu dans la veine « Acid Jazz ».

12/10/2012 - OMAR

D’ailleurs, le mouvement des années 90 semble en pleine résurgence. En effet, les Brand New Heavies, qu’il côtoie depuis l’époque de « Got to give », sont en train de se reformer.  Et, comme si Omar était nostalgique de cette période bénie, il reprend dans l’album son standard de 1990: « There’s nothing like this »: « J’ai essayé de refaire la chanson avec un autre groove. J’ai changé les cordes. Pino est venu à point nommé. C’est un musicien merveilleux. Il m’a aidé à faire évoluer ce morceau. » Un morceau dont l’écriture en soi est un poème: « A l’époque, il y avait peu de titres de « rare groove » en Angleterre». En écoutant la collection de vinyles de mon père j’ai bloqué sur un disque des Ohio Players. Il y a une chanson totalement hors du temps qui s’appelle: « Heaven must be like this ». « There’s nothing like this » s’en inspire. J’ai fumé un joint et écrit les paroles. Le reste c’est de l’Histoire. J’ai enregistré la chanson sur une cassette de neuf minutes que j’ai écoutée en boucle. Je savais que si j’arrivais à l’écouter sans m’ennuyer ça serait un tube. ».

12/10/2012 - OMAR

Si l’influence de la Soul américaine et de Stevie Wonder, avec lequel il a chanté «Don’t you worry bout a thing» en duo dans Taratata, n’est jamais loin, Omar a son idée sur ce qui fait le cachet spécial de sa Brit Soul: « Notre musique en Angleterre est une mixture d’influences: le Jazz des cockneys blancs de l’East End londonien associé aux rythmes des caribéens. Ça donne des lignes de basse fortes. Et puis on essaie de recréer à notre niveau la Soul des années 60, avec les fondamentaux: basse, batterie, claviers, guitare, cordes et cuivres. Aussi simple que ça!» Simple? Peut-être moins qu’il n’y paraît. En attendant le chanteur aux piercings a prévu de sortir d’autres titres en collaboration avec Scratch professor. To be continued…

 Interview réalisée par Julio Sorgel, Pour Fonkadelica.

>> L’album en écoute intégrale ici 

 



About the Author

Julien Le Gros
Je suis journaliste indépendant spécialisé dans les musiques noires, de l'Afrique en passant par les diasporas. Pigiste entre autres pour Afriscope Africultures Jazz Magazine Mondomix, j'ai pu interviewer de nombreux artistes internationaux comme Leon Ware, Patrice Rushen, Mulatu Astatké, Alpha Blondy, Malavoi, Femi Kuti, Jon Hendricks ou encore Hugh Masekela.




 
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22 Comments


  1. Merci à Julio Sorgel pour cette interview, nouveau venu dans l’équipe!


  2. Coco

    Je joue !! pour L’un de mes artiste préféré !!!


  3. taupela

    OMAR m’a tuer… enfin ça jle dirai quand vous m’aurez donné l’opportunité de le voir sur scène..


  4. Doc Emett Brown

    Je l’avais il y a quelques année set le concert avait été excellent. Hâte de voir ces nouveaux morceaux sur scène.


  5. marie

    Un des meilleurs artistes et chanteurs de soul!!!!
    Je l’ai loupé déjà deux fois…. J’espère pouvoir venir samedi!!!!


  6. Michel

    soul british!!! unique!!


  7. Nicolas

    Dès les premières notes de « The Man », j’ai été pris en étaux entre les pinces du Omar… Des morceaux de choix, épicés, qui me font bouillonner et frémir… Je salive d’avance à l’idée de me régaler lors de son live…


  8. billy jack

    bon… je tente ma chance pour voir Omar (Le vrai), dont la renommée internationale ne se résume pas à un Rire de foire, ou à un (movie) ‘one hit wonder’.


  9. Daasiq

    Je garde un très bon souvenir de la fois où je l’avais vu au Jazz Café, j’aimerais le revoir dans une salle aussi réputée.



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