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Interviews

8 août 2013

GEORGE DUKE – «I’m just a piano player» : RIP & interview inédite !

Ce n’est pas seulement un génie des claviers qui nous a quitté, ce 5 août, à soixante-sept ans. Mais un fou de la musique dont la vélocité, la versatilité, l’humanité, qui se devinait derrière ses pupilles, vont bien nous manquer. Quand je l’ai rencontré en novembre 2011, dans le lounge de son hôtel parisien, il cachait son naturel réservé par un bon gros rire franc, tonitruant, et un irrésistible sens de l’humour. Un homme qui a un tableau de chasse aussi impressionnant que Miles Davis, Michael Jackson, Stanley Clarke ou Frank Zappa pourrait aisément rouler des mécaniques. Mais George balayait tout cela avec un haussement d’épaule : « Tu sais je ne suis qu’un joueur de piano ! ».

Lors de son dernier concert parisien, au New Morning, le maestro n’avait pas hésité à délivrer un set expérimental façon seventies. Fidèle jusqu’au bout à ses amours de jeunesse. On pouvait le voir faire des clins d’œil à Zappa, imiter divinement la voix rocailleuse de Miles Davis (celle des années 80, proche d’E.T), en train de l’appeler pour lui demander de travailler sur son album « Tutu ». A l’occasion, il s’improvisait coach vocal de télé crochet, n’hésitant pas à avouer que sa voix est trop fatiguée pour chanter « Shine on » dans sa tonalité high des années 80, et recrutant au pied levé une chanteuse dans le public, pour le remplacer. S’amuser et surprendre c’était le credo absolu du Duke.

Avant de partir il nous a laissé un ultime bijou : Dreamweaver
R.I.P George !

En bonus voici une interview réalisée à l’époque de son avant dernier album: « Déjà vu » (prononcer Déjà vous !)

INTERVIEW INEDITE :

F : Pourquoi ce « Déjà Vu » ?

G.D : Ca s’appelle « Déjà Vu » parce que j’ai une petite amie française. Non je plaisante ! (Rires). J’ai décidé d’appeler l’album « Déjà Vu » car c’est vraiment un regard en arrière. J’ai souhaité revisiter des styles avec lesquels j’ai grandi. En 2008, j’ai fait la même chose avec l’album précédent: « Dukey Treats ». « Déjà vu » est plus jazzy. Il y a aussi pas mal de funk et d’autres éléments. C’est assez éclectique. Je revisite ces styles avec l’aide des nouvelles technologies. J’utilise de vrais instruments : d’authentiques Fender Rhodes, Wurlitzer, d’anciens et de nouveaux synthétiseurs. Ça a été très amusant à faire. Ce disque est un hommage à des musiciens que j’aime. Le titre éponyme « Déjà Vu » est dédié au Mahavishnu Orchestra. Beaucoup de jeunes ne savent même pas qui ils sont ! C’était un groupe totalement révolutionnaire de fusion, sous l’impulsion du guitariste John Mc Laughlin et du batteur Billy Cobham, avec lesquels j’ai travaillé plus tard. Je voulais faire un morceau qui souligne leur modernité. Il y aussi « Ripple in time », un hommage à Miles Davis, pas le Miles des années 50 ou 60 mais le dernier, plus funky, de 1986. J’ai écrit deux chansons pour lui : « Backyard ritual » et « Cobra », sur le double album « Tutu » et le suivant « Amandla » en 1989.

Avec le titre « You touch my brain » je rends aussi clairement hommage à Sly, de « Sly and the family Stone ». Et ainsi de suite. Je me rends dans différentes sphères musicales qui font ce que je suis. Quand je joue sur scène je joue tout ça au public. Je les laisse décider ce qui leur plaît ou pas !

Il paraît que vous avez été biberonné avec un autre Duke, Duke Ellington ?

Quand j’ai vu Duke Ellington en concert je n’avais que quatre ans. C’est l’un de mes premiers grands souvenirs. Ma mère m’emmenait voir toutes sortes de musiques: du Jazz, de la musique classique, du Gospel. J’ai été impressionné par le Big Band de Lionel Hampton. Mais Duke Ellington est celui qui m’as mis une claque et m’a donné envie de devenir musicien. Peut-être parce qu’il s’appelait Duke ! Je me souviens d’avoir vu ce type faire quelque chose avec ses mains. Le son sortait. Je ne savais pas que c’était un piano. Je ne savais même pas ce qu’était un piano ! C’était magique. Il levait ses mains. Les autres gars sur scène continuaient de jouer pendant ce temps. Je pensais que c’était un magicien, pas un musicien! Sa musique était au-dessus de moi. Les gens frappaient des mains et passaient un bon moment. J’ai dit à ma mère: « Je ne sais pas ce qu’il fait mais je veux faire ça ! »

Sept ans plus tard elle m’a inscrit à des leçons de piano.

Vous dites que votre vocation pour le Funk est lié aux musiques d’église de votre jeunesse

Il y avait beaucoup d’improvisation dans les églises. La Soul vient de là. On ne parlait pas encore de Funk à l’époque. Quand j’étais très jeune, j’écoutais des gens comme Ray Charles et Les Mc Cann. Je n’ai entendu parler de Miles Davis, Bill Evans et Herbie Hancock que bien plus tard. Si j’ai pris cet instrument au sérieux c’est parce que je voulais jouer ce genre de piano « Soulful ». Assister à un chant gospel, avec un pulpit (le speaker de l’église NDLR) et un organiste c’était de la funky dynamite ! J’essayais d’émuler avec l’organiste. Je me suis aperçu qu’il y avait une relation entre ce qu’il joue et ce que les gens ressentent. Ce que tu joues affecte les gens. Le prêtre disait quelque chose. L’organiste répondait. Ils se comportaient comme un orchestre. J’avais envie de rejoindre cet orchestre: l’organiste, le prêtre, moi, et la congrégation. Quand on arrivait à un certain point on avait l’impression d’être dans un gig, en club. Là aussi les gens se mettent à hurler parce qu’on les touche spirituellement.

Vous avez fait des débuts assez sympathiques en 1965 en jouant avec un chanteur. Un certain Al Jarreau…

Al était alors inconnu au bataillon. Il venait me voir en trio au Half Note Club de San Francisco, où j’étais sous contrat. On a sorti un album issu de cette rencontre: « Al Jarreau and the George Duke trio Live at the Half Note 1965 ». Le propriétaire du club nous a suggéré de faire une soirée ensemble. J’ai accepté. Al était hyper talentueux, bien au-dessus des chanteurs qui venaient se produire. C’était une expérience merveilleuse. On ne s’est plus beaucoup vus après. Et puis récemment, on a refait cette formation que l’on avait dans les années 60. On a fait une tournée. C’est incroyable mais, malgré les années, c’est toujours bon! Pour l’anecdote, quand on a enregistré en 1965, je l’avais envoyé à tous les labels. Tout le monde me l’avait refusé : pas intéressé ! On est encore là après s’être fait claquer la porte au nez il y a si longtemps !

Tout le monde ne le sait pas, mais l’un de vos premiers disques à attirer l’attention est celui que vous avez fait avec le violoniste français Jean-Luc Ponty en 1969 !

Jean Luc Ponty m’a donné m’a première ouverture dans le business. J’ai écouté sa musique sur une radio Jazz de la baie de San Francisco. Je me suis dit : « Il sonne comme un violoniste moderne. Je dois jouer avec un type qui a un style aussi original. » Quand j’ai su qu’il venait aux Etats-Unis faire un disque je lui ai envoyé des cassettes. J’ai appelé. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour attirer son attention. On s’est vus grâce au producteur, fondateur du label Pacific Jazz: Dick Bock. Je lui ai retracé mon parcours. Je lui ai dit que je connaissais sa musique. On a joué ensemble. Il m’a donné ma première introduction à la musique, en dehors de la baie de San Francisco.

C’est cette ouverture musicale qui vous a amené dans l’univers psychédélique de Frank Zappa ?

Frank était un incroyable catalyseur. Il a ouvert mon esprit musicalement avec son groupe « The mothers of invention». Il me disait que j’étais trop conservateur. Je ne sais même pas pourquoi j’ai atterri dans son orchestre ! C’était très étrange. Il a dû voir quelque chose en moi que je n’avais pas vu moi-même. Il m’a dit « George tu devrais jouer du synthétiseur. » Je n’étais pas chaud du tout. « Je vais en acheter un, le mettre avec ton Fender Rhodes. On verra si tu rentres dedans et si le son qui sort te plaît. Prends ton temps. Quand tu as envie de jouer vas-y ! » Il ne m’a pas forcé. Il a acheté un synthé ARP 2600. Il y avait un fouillis de câbles. J’ai dit: «Hey ! Je ne suis pas un scientifique ! » Il m’a ramené un ARP Odyssey, un petit modèle, avec quelques notes. Je m’y suis mis et je suis revenu avec des idées, comme il l’avait prédit. Il m’a encouragé à chanter, à me laisser aller sur scène : « Tu es trop sérieux ! Lâche-toi ! »

C’est drôle quand on sait que c’est le chant qui vous a fait connaître d’un large public …

Je chantais à la maison. J’écrivais des arrangements pour des chanteurs. Mais je n’aime pas chanter ! Je m’y suis mis parce que Frank a beaucoup insisté. Et puis je me suis aperçu que l’on pouvait vendre des disques en chantant. J’ai eu deux albums qui se sont très bien vendus. A partir de là j’ai été obligé de chanter ! « Sweet baby », « Reach out », « Shine on ». Mais ces chansons ont une tonalité trop aiguë. Je ne peux plus chanter aussi haut maintenant.

C’est aussi par l’expérience Zappa que vous avez collaboré avec le batteur Billy Cobham ?

En 1976 Frank Zappa a fait une tournée. Le Mahavishnu Orchestra était en première partie. J’ai parlé avec Billy et on a décidé de former un orchestre : Cobham Duke band. On a tourné pendant un an.

Ça a donné un album qui est devenu un classique. Il y en a un autre qui est resté inédit. Je pense que Billy m’autorisera à le sortir.

On ne peut pas parler de Billy Cobham, sans parler de Stanley Clarke … vous pouvez nous en dire deux mots ?

J’avais rejoint le saxophoniste Cannonball Adderley en 1971. Il connaissait tout le monde et tout le monde le connaissait. Quand on jouait quelque part, on voyait non seulement des comédiens comme Bill Cosby et Richard Pryor mais aussi des musiciens comme Freddie Hubbard, Nancy Wilson, Carmen McRae, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Joe Williams. J’étais juste un gamin et je les respectais tellement. J’ai rencontré Stanley Clarke lors d’une date à Pori, en Finlande. Mon Fender Rhodes avait été endommagé pendant le transport aérien. J’ai dû en emprunter un à Chick Corea.

Stanley jouait avec Chick Corea dans « Return to Forever ». J’ai joué sur le piano de Chick que je ne maîtrisais pas, tant bien que mal, et j’ai réussi à en tirer quelques notes. C’était affreux ! Chick était comme un fou ! Mais c’est arrangé. On est amis maintenant. Rires. J’ai vu Stanley jouer pendant une jam session à l’hôtel. C’était hallucinant ! On est devenus les meilleurs amis du monde. J’ai joué sur ses disques. Il a joué sur les miens. Et puis nous est venue l’idée d’en faire un ensemble pour CBS : Clarke Duke project. On a fait trois albums que vous connaissez. On prévoit d’en faire un autre. On a fait une tournée ensemble.

Tout le monde se souvient de « Sweet Baby », parlez nous de ce titre …

J’ai eu une petite querelle avec ma femme. Ça m’a inspiré ! On cherchait une chanson pour l’album. On était à Berkeley en Californie, prêts à enregistrer. J’étais dans une chambre d’hôtel avec un Fender Rhodes et j’ai composé la chanson très rapidement. J’ai dit à Stanley que j’avais une chanson à lui montrer. Je lui ai dit qu’elle était très basique et que ce n’est pas ce que le public s’attend à nous voir jouer. « Vas-y ! Joue là ! Man j’aime ça ! Enregistrons là ! » On l’a fait le jour suivant et c’est devenu notre plus grand hit.

Comment avez vous eu ce coup de cœur pour le Brésil qu’on entend dans « Brazilian love Affair » en 1979 ?

J’ai d’abord entendu Sergio Mendes et Brasil 65. ça m’a complètement ouvert à ce type d’énergie et de musique: les changements d’accords, les structures mélodiques. Je voulais aller au Brésil. Je n’arrivais pas à trouver un batteur qui jouait comme les batteurs brésiliens. A l’époque où je tournais avec Cannonball Adderley en 1971, il m’a dit : « Je vais te jouer un truc de Milton Nascimiento. »

Je n’en avais jamais entendu parler. « Qu’est-ce que c’est ? J’adore ça ! » -Eh bien on va au Brésil, tu as une chance de rencontrer Milton! » Je n’ai pas pu le rencontrer. Il était tombé malade. Je me suis promis de revenir. J’avais quelques hits funky: « Reach for it » en 1977 et « Dukey stick » en 1978 qui m’ont permis de convaincre Epic records de me donner un budget pour retourner au Brésil, contacter Milton Nascimiento, et faire un album. Je collaborais déjà avec les musiciens brésiliens Airto Moreira et Flora Purim, encore grâce à Cannonball Adderley. On a fait un double album live épuisé maintenant qui s’appelle : « The black messiah », enregistré au Troubadour à Los Angeles. C’est une de mes compositions. Sur la date il y avait Airto Moreira : « Waah ce gars est un incroyable percussionniste ! » C’était le mari de Flora Purim. On a parlé. On est devenus amis. Il y avait tout un secteur dans lequel les jazzmen américains et les brésiliens expatriés devenaient une famille. Cela incluait Herbie Hancock et sa femme, Airto et Flora, Miroslav Vitous à l’époque, Wayne Shorter et sa femme, Jaco Pastorius. On allait chez Flora manger du poisson, des haricots noirs, à boire de la cachaça, parler de musique et jouer. C’était une époque formidable pour la création. On essayait des rythmes différents. On est devenus des amis très proches et on l’est resté. On voulait combiner ces styles : jazz, funk, musique brésilienne. Des gens comme Miles Davis nous ont ouvert la voie pour le faire. Il n’a cessé d’ajouter de nouveaux éléments à sa musique. On s’est dit : « S’il peut le faire, pourquoi pas nous ? » C’est ce qui s’est passé : Joe Zawinul, Weather report et les autres…

Votre son est devenu de plus en plus funky jusqu’à « Dream on » en 1982 … pas vrai ?

Avant ça j’ai fait le titre « Reach for it », dans un club à Washington DC à la fin des années soixante-dix. On jouait un beat. Je commençais à faire une ligne de basse. Il y avait un gros solo de batterie. Les gens devenaient fous. Je me suis dit : « C’est quelque chose. On devrait enregistrer ça. » « Reach for it » a été mon plus gros succès commercial. Dans le suivant « Don’t let go » il y avait le titre « Dukey treat » . C’était très funky. Mon batteur Leon « Ndugu » Chancler m’avait amené un album de Parliament Funkadelic. On a ajouté cette influence au Jazz. Quand on est arrivé à l’album « Dream on », l’orchestre était en train de se disloquer. Ndugu voulait jouer avec Carlos Santana. D’autres événements se sont produits. Le disco était très populaire. Je me suis dit que le Funk n’allait plus marcher. « Que faire ? » J’ai écrit la chanson « Shine on ». C’était une ballade. Je voulais faire un titre Disco, avec des variations jazzy. Pas juste une habituelle chanson de trois minutes. J’ai introduit ces variations avec un beat par dessus. C’est devenu ma plus grosse vente au Japon et les gens ont aussi l’air d’aimer ce titre en France.

Autre grosse machine, un an plus tard, « Reach out », dans l’album futuriste « Guardian of the light » … çà vous évoque quoi ?

J’étais fan de « Star wars ». J’en ai fait un opéra Rn’b. Une histoire de lutte contre les forces du mal dans un contexte futuristique, dans une autre vie. C’est la musique d’un film qui n’a jamais été écrit et qui ne le sera jamais. Rires. C’était amusant. Il y avait des opéras rock comme « Jesus Christ superstar », des opéras jazz mais je n’avais jamais entendu parler d’opéra rn’b. Mais ça ne s’est jamais concrétisé en spectacle. En revanche, « Reach out » est devenu un gros succès en Europe.

Derrière toutes vos productions il y avait des sidemen de poids : Paul Jackson Jr, Ndugu, Paulinho Da Costa Byron Miller, Louis Johnson des Brothers Johnson … comment cela se passait ?

« Ndugu » Chancler est le frère que je n’ai jamais eu. Comme Stanley Clarke, mon frère d’une autre mère. Tous ces gars : Paulinho Da Costa, Paul Jackson Jr font partie de ma famille. Byron Miller était le plus jeune de la bande. Il est venu de Detroit. « Ndugu » me l’a présenté. Avec « Ndugu » et Byron j’ai développé un son de trio unique. Ça n’existait pas avant et je pense que ça n’existera plus ensuite. La complicité était extraordinaire, indescriptible. Ce qu’on faisait avec le groove, le beat, la manière dont on s’écoutait les uns les autres. Le temps ne voulait rien dire. Il devenait élastique. On ralentissait et on accélérait le rythme intuitivement, en même temps, sans jamais se planter. Ça faisait partie d’une énergie commune, très soulful ! J’aime toujours jouer avec ces gens. Quant à Louis Johnson, surnommé « Thunder thumbs » on s’est parlé au téléphone la dernière fois. Il n’habite plus à Los Angeles. C’est un fou !

Vous avez aussi une casquette de producteur éclectique : De Smokey Robinson… à Barry Manilow

Le premier album vocal que j’ai produit, c’est un groupe de soeurs de la baie de San Francisco appelé : The Third Wave : « Here and now » en 1969 , pour un label allemand. Plus tard, j’ai produit Dee Dee Bridgewater. Elle enregistrait à l’époque pour Earth Wind and Fire. A la suite de ça, Bobby Colomby, un ancien batteur de « Blood sweat and tears », qui travaillait chez Capitol, m’a proposé de produire « A taste of honey ». Le groupe qui avait fait un hit disco avec « Boogie oogie oogie ». « Du disco ! Qu’est ce que je vais faire avec ces gars ? » Bobby m’a dit qu’il voulait les sortir du Disco et en faire un groupe de Rn’b. Il pressentait la mort du Disco… On a fait un tube: « Sukiyaki », qui s’est vendu deux millions d’exemplaires. Deux millions ! Du coup, tout le monde a appelé : « Qui est ce George Duke? » Après ça j’ai reçu des appels de Deniece Williams, Sister Sledge, Jeffrey Osbourne, Barry Manilow… J’ai produit beaucoup de chanteurs à cette époque. Je le fais encore un peu. J’ai produit Anita Baker récemment. C’était facile de produire Dianne Reeves car c’est ma cousine ! J’ai même travaillé avec des artistes d’autres horizons; comme récemment un indonésien : Jay Alatas. L’industrie du disque est en phase terminale. Je ne sais pas ce qui se passe. Le processus de production est asséché. Il faut trouver des alternatives. Le marché américain du Rn’b est très orienté vers la jeunesse, avec de jeunes producteurs.

Comment faites-vous pour survivre ?

J’ai crée mon label BPM Big Piano Music en 2000, avant la crise. Je me maintiens. Je produis mes CD et DVD et des productions historiques comme Dexter Gordon, Al Jarreau, et un Billy Cobham Duke qui devrait sortir un jour.

Quels projets avez vous ?

Tout ce que je peux me mettre sous la main. J’ai envie de faire des projets de musiques du monde. J’aimerais faire un deuxième album brésilien: « Brazilian love affair 2 ». Je voudrais enregistrer un disque en Big Band. Il n’y a jamais eu de George Duke Big Band. J’aimerais aussi faire des albums thématiques : un George Duke fusion, un funk et un en Big Band.

Pour finir, quelles musiques faites-vous tourner en ce moment ?

Mon I Pad est en mode shuffle. Ça va du Sacre du Printemps de Stravinski à Funkadelic « Mothership connection ». J’aime les compositeurs classiques intéressants: Ravel, Anton Webern. Je peux écouter « Fresh » de Sly and the family Stone en boucle. Je ne me fatigue jamais de « There’s a rio goin on ». Chaque fois que Milton Nascimiento sort quelque chose, je l’achète.

J’écoute toujours mes contemporains : Herbie Hancock, Chick Corea et Wayne Shorter.

 Interview réalisée par Julien Le Gros, Pour Fonkadelica.

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About the Author

Julien Le Gros
Je suis journaliste indépendant spécialisé dans les musiques noires, de l'Afrique en passant par les diasporas. Pigiste entre autres pour Afriscope Africultures Jazz Magazine Mondomix, j'ai pu interviewer de nombreux artistes internationaux comme Leon Ware, Patrice Rushen, Mulatu Astatké, Alpha Blondy, Malavoi, Femi Kuti, Jon Hendricks ou encore Hugh Masekela.




 
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33 Comments


  1. GEORGE DUKE – «I’m just a piano player» RIP & Interview Inédite | FONKADELICA (Funk Soul & Groovy) http://t.co/haBiFuHdRB via @Fonkadelica


  2. Daasiq

    Merci pour cette interview très intéressante. J’ai relevé deux erreurs : « A Brazilian Love Affair » date de 1979 et dans la réponse de George Duke je pense qu’il ne parlait pas de « changements de cordes » mais de « changements d’accords » (« chord changes » en anglais). Même George Duke a fait une erreur, « Mothership Connection » est un album de Parliament pas de Funkadelic.


  3. Amazing… Enfin un bel article sur ce Genie…
    Bravo Julio pour cet article et cette itv que j’ai pris plaisir à lire sous le soleil.. 😉


  4. @Daasiq : content de te voir nous lire, et toujours aussi érudit et précis à ce que je vois! Merci pour tes remarques, que nous avons corrigées (avec quelques fautes de frappe) mais nous laissons la faute de George sur Mothership pour ne pas déformer ses propres propos 😉


  5. Super interview carrière de feu George Duke. Pour les amateurs. cc @Fonkadelica
    http://t.co/BM6q27sYBx


  6. Merci pour cette article 😉


  7. RT @chris_narbonne: Super interview carrière de feu George Duke. Pour les amateurs. cc @Fonkadelica
    http://t.co/BM6q27sYBx


  8. Une interview inédite de George Duke par nos amis de @Fonkadelica –> http://t.co/TctFUEn8Gg



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