FONKADELICA
Webzine Funk Soul & Groovy


Live

23 février 2015

D’ANGELO – REPORT du concert parisien du 16 Février

On ne va pas vous mentir. Passée l’excitation inhérente à un Live de D’angelo, l’atmosphère austère du Palais des Congrès et ces sièges rouges dodus, un rien anachroniques, nous ont vite refroidis : idéaux pour y poser son derrière et attendre patiemment la fin d’un récital lyrique. Qu’importe, l’ami D était venu faire groover les plus coincés, et le placement sagement attribué a rapidement volé en éclat sous les assauts d’une foule venue goûter au  potentiel Funky d’une soirée qui ne pouvait, ne devait pas décevoir. 3 ans après son concert au Zénith (et bataclan), un come-back en forme de résurrection et des kilos d’encres écoulés pour saluer le retour de l’enfant prodige, affirmer que l’auto-proclamé Black Messiah était attendu au tournant serait un euphémisme.

Tout près, une fan visiblement au summum de l’excitation multiplie les selfies sous tous les angles possibles et imaginables, mimiques à l’appui. « Au concert de D’Angelo ! Bien mérité ! » poste-t-elle sur son compte Facebook. Smiley, hashtag, tout y est, elle est fin prête, nous aussi. Et c’est avec une excitation non feinte que l’on se surprend à sourire d’une oreille à l’autre lorsque les psaumes de « 1000 Deaths » retentissent dans un Palais des Congrès plongé dans l’obscurité… et dans une cacophonie retentissante, tant l’acoustique de la salle semble tirer la tronche. Premiers frissons, la panique s’installe – ndlr : A noter que selon le placement, les avis divergent quant à la qualité sonore du concert, globalement satisfaisante en ce qui nous concerne -. Une sensation qui s’atténue rapidement sur un « Ain’t That Easy » brut de décoffrage, où le natif de Richmond arbore un ciré noir de circonstance et gratifie l’audience d’un solo de guitare efficace.

Si on regrettera la présence effacée de Kendra Foster et les errements rythmiques d’un Jesse Johnson apathique, le charisme de D’Angelo compense la discrétion d’un backing band que l’on aurait souhaité plus affirmé. L’essentiel est cependant assuré, notamment sur un « Sugah Daddy » fédérateur, où planent les ombres de Parliament, et un « The Charade » aux allures de fin du monde. Le « Brown Sugar » version Black Messiah fait quant à lui peau neuve, agrémenté pour l’occasion de la ligne de basse de « Four Play » (Fred Wesley & The Horny Horns) et d’un refrain en boucle, emprunté à  « Hollywood Squares » (de  Bootsy Collins)  . Une soirée en forme d’hommage aux ainés, où les stop-time façon JB’s se multiplient et les déhanchés Princiers sont légions : l’expression animale d’une bête de scène retrouvée, qui n’en finit plus d’haranguer la foule avec force hurlements.

Se faisant, il sacrifie la tension politique viscérale de « Black Messiah » au profit d’ un show un tantinet trop millimétré pour être pleinement touchant, et tombe à plusieurs reprises dans la caricature du crooner de ses dames, roulant des mécaniques et se couchant au sol en poussant haut, très haut son falsetto cristallin. L’opération séduction fonctionne à plein régime : en fin de set, une demoiselle au bord de l’apoplexie tente de se ventiler et lâche une petite larme en poussant des cris stridents.

Sueur, sexualité et sensualité : la combinaison gagnante d’une soirée qui s’achève sur un « How Does It Feel » de gala, et un solo de piano du Maitre de Cérémonie. L’apothéose smooth d’une soirée qui a alterné confusion et finesse, fragilité et virtuosité. La synthèse d’une carrière de vingt années passées entre l’ombre et la lumière.

How Does It Feel d’être de retour au sommet, D ?



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Nicolas Rogès





 
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