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19 novembre 2016

Crossroad entre Theo LAWRENCE et James HUNTER au Pan Piper ! REPORT

James Hunter Six - Live - Pan Piper

So, it was a Crossroad night au Pan Piper… en ce lundi de novembre, grisâtre et pleuviotant. A n’en pas douter, le jeune et sémillant franco-canadien Theo Lawrence et le vétéran cockney James Hunter allaient nous venger de ce début de semaine calamiteux et raviver nos âmes assombries, de flagrances rythm’blues et de soul !

Theo Lawrence - Pan Piper - 14/11/16

Crédits photos Bruno Chavaret

Un mien confrère a écrit que Theo Lawrence a quelque chose d’un Elvis jeune, doublé d’un je-ne-sais-quoi de Johnny Cash. Je rajouterais que son son, d’une paradoxale fraîcheur pour une telle digestion des essentiels du rock, fait irrésistiblement songer aux suns sessions, mètre étalon dans la carrière du King et dans l’histoire du genre. Même s’il se déclare fan de son aîné british, Theo Lawrence n’a a priori peu de points communs avec lui, du moins ce soir là sur la scène du Pan Piper. Débutant mais déjà un vieux routier de la scène, planté devant un superbe micro vintage all alone avec sa guitare – ses Hearts, ces sans-coeur l’avaient lâchement abandonné – la coiffure gominée au cordeau et le costard classieux, économe de ses moyens mais pas de son sourire et sa bonne humeur désarmante… Theo Lawrence a une coolitude à toute épreuve, même quand le public répond timidement à son invite de reprendre avec lui ses « Bad feeling ». Nulle animosité de notre part, mais bien une écoute recueillie, empreinte de bienveillance. C’est ça l’effet Theo Lawrence en solo… Son assurance tranquille, la sympathie qu’il dégage sans forcer, parvient à séduire dès le premier titre ceux et celles qui ne le connaissaient pas avant de venir au Pan Piper. Il a donc bien raison de profiter de l’occasion pour tester de nouveaux morceaux tels que le superbe « Sunshine is dead ».

De fait, comme il nous l’avoue avec candeur, pas de setlist mais une envie de se faire plaisir et de partager un mood, une ambiance comme celle créée par « Count me in tomorrow », écrite pour un ami mal dans sa vie. J’ai souvenir d’une cover de Johnny Cash « The long black veil » lors de son set l’an passé à la Maroquinerie et c’est à un artiste moins connu dans nos contrées que Theo Lawrence rend hommage cette fois. Encore qu’il tient à préciser que « Lâche pas la patate » ne figure parmi ses titres préférés de Jimmy C. Newman, country man cajun, dont il reprend « Alligator man ». Respectueux des anciens le garçon mais avec ce qu’il faut de lucidité… Marqué au fer rouge dans ma jeunesse par « Crocodile Dundee », je ne résiste pas de vous en citer un extrait « Some people search their world for fame / but fightin’ gators is my game / And the scars on my hand / cause I’m an Alligator man« . Ça sent l’bayou et le gombo à plein nez, non ? On comprend que Theo Lawrence l’ait choisi… Celui-ci termine sur un titre dont je ne saisis que des « I’m so glad », sur lequel il fait preuve de son habilité au bottle neck. Et au fait, le point commun alors entre Theo Lawrence et James Hunter ? Un même amour respectueux pour les musiques noires américaines, une « patate » à toute épreuve  et surtout un belle sincérité !

James Hunter Six - Live - Pan Piper

Crédits photo Bruno Chavaret

La dite patate qu’a refilé Theo Lawrence à James Hunter, devrait être vraiment chaude… Et dans les backstage, le crooner cockney devait attendre le ballon avec une extrême impatience, au vu de son démarrage à pleins tubes. Entouré de ses cinq vieux briscards, il tombe la veste aussitôt monté sur scène et retrousse les manches au propre comme au figuré. Working class hero un jour, Neil James Huntsman… Si le surnom de « Monsieur 100 000 volt » n’était pas déjà breveté, on pourrait volontiers l’attribuer à Mister Hunter. Sans courir d’un bout à l’autre de la scène tel un punkrockeu, il semble monté sur ressort. Il tire de sa guitare de beaux soli « pas pickés des vers », fera même le pitre avec en fin de set et ce, sans jamais s’arrêter de rigoler tout seul à ses blagues. Etant fort peu à mon aise dans la langue de Shakespeare, inutile de vous dire que « je n’entravait que dalle »… Pas grave, la bonne humeur de James Hunter est communicative à l’instar de sa musique ! La moyenne d’âge a beau être relativement élevée ce soir – à l’exception de quelques trentenaires avisés et bien informés – ça bouge quand même pas mal dans le public. Deux cadres quinquas, manifestement dans leur uniforme de travail en auraient volontiers fait valser cravate et costards !

Ce qui différencie nettement notre soulman anglais de ses confrères ricains, dont certains d’entre eux partagent la même écurie Daptone Records, c’est la place dévolue à ses musiciens… Je garde en mémoire une prestation du backing band de Lee Fields, les bien mal nommés The Expressions, réduits au rang de simples figurants. Pas de ça avec Jimmy Hunter, sans doute parce qu’il est chanteur ET musicien ! Son duo de saxo – Lee Badau au baryton et Damian Han au ténor – sont presque les vedettes du show, Carwyn Ellis le clavier a lui aussi ses moments de bravoure et rien ne se ferait au sein de ce combo sans Jonathan Lee aux drums et Jason Wilson à la contrebasse, l’un caché derrière son instrument et l’autre derrière son feutre et ses cymbales… Vous me pardonnez cette digression mais l’ami photographe Bruno Charavet – que je remercie au passage pour ses superbes clichés – me fait remarquer l’ampli Leslie qu’utilise Carwyn Ellis avec son orgue Hammond. Et il m’apprend que Laurens Hammond n’était pas du tout convaincu des bienfaits de la création de Donald – Leslie, suivez que diable ou alors cliquez sur les liens hypertextes ! – indissociable désormais du « son hammond ». Le même Bruno m’interpelle également sur la façon bien à eux, qu’ont James et sa bande de terminer leurs morceaux ; un cut franc et massif qui leur ressemble bien… Etonnez-vous après ça que la température ait grimpée en flèche, tout au long d’un show qui a bien duré pas loin de deux heures ! Les dames de l’assistance ont retrouvé la fougue de leur jeunesse et un fan à chapeau, se l’est joué Monday night fever devant la scène. Après le rappel, certains ont bien tenté de le supplier – « Jimmy, come back !!!  » – rien n’y a fait. Et pour cause, il était trop pressé d’aller se griller une sèche dehors, où installé à même le trottoir de l’impasse Lamier, il s’est mis à dédicacer son dernier album « Hold on ! ». Vous en avez déjà vécu des fins de concerts comme celle-ci, vous ?

Pour apprécier le travail de Bruno Charavet, un p’tit tour sur son album ?



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Mad Mask
Mad Mask est le chroniqueur masqué. Donc vous ne trouverez que dalle sur sa bio. Si il porte un masque - même virtuel - c'est pas pour être reconnu par son charcutier, même si ce dernier est indubitablement un être de goût puisqu'il consulte Fonkadelika, le seul webzine à vous donner du funk et de la soul avec des gros morceaux de groove dedans (et également le seul à avoir inconsidérément accepté que Mad Mask sévisse en ce lieu...). Signé Mad Mask Mouaaahhh ! Que la force du fonk soit avec vous !!!!




 
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One Comment


  1. A pliagensly rational answer. Good to hear from you.



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