FONKADELICA
Webzine Funk Soul & Groovy


Interviews

6 décembre 2015

BROOKLYN FUNK ESSENTIALS : « Nous faisons du funk Bio » Rencontre et Interview

Le mythique collectif Brooklyn Funk Essentials, emblématique formation du courant Acid Jazz et synthèse parfaite de tous les grooves (Reggae, Ska, Soul, Funk, House, Afro) depuis plus de 20 ans, vient de sortir son cinquième album studio ‘Funk Ain’t Ova’ sur le label Dorado Records le 13 novembre 2015.
Produit par Lati Kronlund, membre fondateur du groupe au début années 90 avec Arthur Baker, et déjà connu pour son travail avec Alison Limerick, Frankie Knuckles et Jody Watley, ce nouvel album rassemble de prestigieux talents vocaux comme Papa Dee, Stephanie McKay et Joi Cardwell, ainsi que des collaborations avec Crystal Waters et le regretté Isaac Hayes. (Lire notre chronique)

A l’occasion d’une mini tournée parisienne en DJ set pour présenter ce nouvel opus, Lati Kronlund et Papa Dee se sont prêtés au jeu de l’interview avec Etienne »ATN » Dupuy pour Fonkadelica : 

ATN (Fonkadelica) : « Funk ain’t ova » est votre 5ème album studio en plus de 20 ans d’existence. Le Funk est-il menacé ? Aviez-vous l’impression, en choisissant ce titre, que le Funk a besoin d’être secouru en clamant qu’il n’est pas révolu ?

Lati : Oui je pense vraiment que la musique en général est menacée et parfois de la plus terrible manière qui soit. Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé à Paris le mois dernier… Il y a véritablement des personnes qui veulent éradiquer la musique de notre culture et c’est bien évidement la menace la plus épouvantable qui plane sur la musique. Mais je pense aussi d’un point de vue plus global que la musique subit des attaques à différents degrés. Le fait par exemple que les musiciens ne gagnent plus leur vie de la vente de disques. Il y aussi la dérive électronique de la pratique de la musique, en ce sens où un concert a de plus en plus tendance à se réduire à une personne qui se présente avec son ordinateur portable et un clavier. Heureusement, notre public manifeste toujours de l’enthousiasme à voir de vrais groupes jouer de la vraie musique avec de vrais instruments, des groupes qui continuent à délivrer du vrai funk et contribuent à le transmettre aux nouvelles générations. Je ne crois pas nécessaire de passer par le tout électronique ou de recourir à un ordinateur systématiquement, de la même manière que nous ne sommes pas obligés de manger de la nourriture industrielle. Nous adorons encore manger ce qui vient de la nature, ce qui est organique, sain et bio. Disons que nous faisons du funk bio !

Papa Dee : C’est la vibration entre les gens qui est importante. Par le biais de la religion par exemple, on voit que cela a toujours été très important. Prenez la psalmodie ou le Gospel, il y a toujours eu du chant et de la vibration dans la religion, des gens qui jouaient des instruments, chantaient, communiaient et vibraient en musique. Et ce n’est pas tout à fait ce que quelqu’un peut faire depuis un ordinateur sur scène. Nous avons besoin de vibrer, sentir la vie et nous amuser.

————-

ATN : BFE est un grand collectif de musiciens venant du monde entier, j’imagine que c’est pour cela que vous ne pouvez sortir un album que tous les 4 ou 5 ans. A l’époque, ce n’était pas évident de penser que quelque chose pouvait naitre de la rencontre entre un producteur de new wave pop comme Arthur Baker, un musicien producteur de House aux racines un peu punk comme vous Lati et des artistes de la scène Soul, Jazz, Dub ou Reggae. Comment un tel projet, pionnier de l’Acid Jazz, a-t-il vu le jour ?

Lati : Ce fut une sorte d’accident. A l’époque, Arthur était en train de produire un album pour Al Green et nous trainions en peu ensemble dans son studio à New York. Nous étions sensés enregistrer une session de batterie avec David Palmer, le batteur de The The entre autres. Mais David était retenu par un soundcheck au Palladium du Madison Square Garden. Il nous appelle pour nous prévenir qu’il serait en retard, alors Arthur décide en attendant de descendre faire un peu de rangement dans la pièce où il entreposait ses bandes et ses enregistrements. Il tombe sur des enregistrements avec Maceo Parker, Dizzy Gillespie, Michigan and Smiley et les remonte au studio où je bidouillais avec mon sampler. On écoute tout çà, se disant que peut-être on pourrait faire quelque chose à la US3, groupe qui à ce moment là cartonnait. On a commencé à faire des boucles à partir de ces enregistrements et à jouer avec. A cette période je venais d’arriver à New York et je sortais tout le temps dans les clubs, comme chez Giant Steps ou au Nuyorican Poets Café, ce genre d’endroits où j’ai rencontré toutes sortes de musiciens, chanteurs, rappeurs et DJ’s incroyables. Je leur ai demandé de nous retrouver et de s’éclater avec nous en jouant sur ces beats et boucles qu’on avait commencé à bosser en studio. C’est vrai que dans une certaine mesure j’ai conduit le projet dans une direction assez différente de l’idée que Arthur Baker s’en faisait. En fait mon rêve avait toujours été de faire partie d’un groupe à New York et si j’y parvenais, je pouvais mourir heureux ! Ensuite, Papa Dee, mon vieux compère des années londoniennes, est arrivé ici aussi et je l’ai embarqué au studio. Avec cette grosse formation, on alors commencé à jouer ce répertoire et à écumer les clubs de New York. Assez rapidement, on a été conviés à jouer en France et depuis on continue de rouler….

————-

ATN : Aujourd’hui comment réussissez-vous à rassembler tout ce monde pour concevoir un nouvel album et à vous mettre d’accord sur la ligne artistique ?

Papa Dee : L’essentiel du groupe a toujours correspondu à la vision de Lati et quand je le présente sur scène je dis toujours qu’il est le cœur et l’âme de Brooklyn Funk Essentials. C’est lui qui rassemble chaque personne et nous sommes tous dévoués à son projet.

Lati : Je me rends compte que cela fait 20 ans qu’on a sorti notre 1er album, « Cool and Steady and Easy », et j’avais envie de réunir le plus d’artistes présents à l’époque sur ce nouvel album (Bill Ware, Stephanie McCkay entre autres sont bien là). Au fil du temps le line up de BFE a changé et évolué. Mais le noyau actuel du groupe, composé de 6 membres (Lati Kronlund, Papa Dee, Hanifah Walidah, Desmond Foster, Iwan VanHetten, Anna Brooks) est plus soudé que jamais. Sur « Funk ain’t ova », l’une des chansons qu’on voulait inclure à tout prix était issue d’une ancienne session avec le légendaire Isaac Hayes, datant de la fin des années 90 et restée encore inédite. Mais Isaac ayant disparu en 2008, jamais nous n’aurions eu le plaisir de le jouer avec lui… C’est pourquoi nous avons préféré refaire les prises vocales à notre manière afin de nous approprier ce morceau et qu’il soit possible de le faire en concert.

————-

ATN : Comment et où « Funk ain’t ova » a-t-il été enregistré ?

Lati : La majeure partie s’est faite à Brooklyn, aux Bedford Studios. C’est une sorte de grand entrepôt qui regorge de vieux instruments vintage, le parfait endroit pour se retrouver nombreux. J’ai aussi mon propre studio à Stockholm où j’ai pu faire pas mal de choses de mon côté. Anna et Iwan qui forment la section cuivres et vivent à Birmingham en Angleterre, ont beaucoup travaillé de là-bas également. On sautait d’un studio à un autre mais en cherchant au maximum d’être le plus nombreux possible en même temps.

Brooklyn-Funk_FunkAintOva

————-

ATN : Selon moi, c’est votre album le plus homogène. On y retrouve une production et des compositions qui rappellent les grandes heures des années 70. C’est très organique, plus strictement soul et funk. Peu d’éléments électroniques, moins d’aspects latin et ska que précédemment. Ce n’est pas une critique mais une observation. Etait-ce une volonté particulière de le faire ainsi ?

Papa Dee : Pas spécialement. Quand on travaille sur un nouvel album, on enregistre des chansons, on fait le tri après coup. On voulait notamment ménager une part pour notre côté latin et quand on prend le titre « Gabriel », il y a clairement une vibe ska et latin boogaloo dans la manière de l’avoir arrangée. En tous cas, ce n’était pas une démarche définie que de retenir telle approche plutôt qu’une autre. Parmi tout ce qu’on a pu enregistré, beaucoup de titres n’ont pas été retenus, certains qu’on pensait ajouter ne l’ont pas été, d’autres dont nous n’étions pas sûrs ont finalement révélé un potentiel qui méritait qu’on les remettent. Toute cette phase de développement, de recherche et d’enregistrement est vraiment stimulante.

Lati : Au final c’est vrai que la sélection et la progression des titres de l’album évoquent fortement le Funk de la fin des années 70 et du début des années 80. C’est une bonne chose d’entretenir cette impression. Mais comme le disait Papa Dee, si vous prenez la chanson Gabriel, qui, çà ne vous aura pas échappé, est une reprise d’un tube House des années 90 par Roy Davis Jr et Peven Everett, nous nous sommes faits plaisir en l’emmenant sur un terrain Ska Boogaloo mélangé avec plein de claviers funky et des cuivres entrainants. Evidemment, certains morceaux ont été laissés de côté car ils s’intégraient moins bien, mais j’aime l’idée que l’ensemble reste cohérent.

———–

ATN : Quelles sont vos artistes préférés, avec quelles légendes encore vivantes rêveriez-vous de collaborer ? Je pense à des artistes comme Roy Ayers qui reste très actif et demandé encore aujourd’hui.

Lati : En fait j’ai déjà travaillé avec Roy Ayers dans les années 90. Il y a des enregistrements encore inédits que j’aimerais beaucoup exploiter pour le prochain album. Alors sait-on jamais, il se pourrait bien qu’il y ait un peu de Roy là-dedans ! Ce serait génial de refaire quelque chose avec lui. C’est une telle légende et quand on mixe dans nos DJ sets il y a toujours au moins un track de Roy Ayers. C’est comme quand tu cherches dans ta pile de disques et que tu tombes sur « Running away », tu ne peux pas échapper à « Running away », tu es obligé de le jouer, ou « Everybody love the sunshine ». J’adore tellement ces titres et le répertoire de Roy Ayers est intemporel. Tu peux mixer du Roy avec des musiques plus modernes sans problème, il tient toujours la route.

Papa Dee : Moi je voudrais juste partager deux heures avec Zigaboo Modeliste (l’ancien batteur des Meters de la Nouvelle Orléans). Juste une jam où je chanterais mes toasts, une fois dans ma vie, c’est tout !

————

ATN : Et parmi la nouvelle génération, avec qui vous vous voyez collaborer ?

Lati : Ce serait génial de faire quelque chose avec Azealia Banks, çà donnerait un truc sacrément funky avec elle sur nos grooves. Il existe tellement de talents un peu partout, c’est difficile à dire. Il y a aussi des musiciens avec qui on est impatient de jouer, comme ce nouveau et jeune tromboniste qu’on ne connait pas encore et qui va nous accompagner lors nos dates anglaises. Je me réjouis aussi de retrouver Alison Limerick, qui nous rejoindra exceptionnellement sur une scène londonienne pour interpréter une version live exclusive de « Where love lives », un titre House que j’avais produis pour elle dans les années 90. Ca va être fun !

Papa Dee : J’ai fait une jam incroyable lors du tournage d’un documentaire au Mali, avec l’Otis Redding d’Afrique, N’goni Bassekou Kouyate. Il est un musicien fantastique et possède un charisme hallucinant sur scène.

————-

ATN : Quel regard portez-vous sur l’Industrie musicale aujourd’hui ?

Papa Dee : Est-ce qu’elle existe encore véritablement ? On est dans une période assez bizarre, de transition où les repères sont brouillés. Je pense vraiment que ça va aller en s’améliorant pour nous les artistes, à partir du moment où nous aurons le contrôle. Ça viendra. Mais toute de suite c’est plutôt difficile de gagner de l’argent et de toucher un plus grand public. Les grandes maisons de disques détruisent tout. Pourtant, je pense que ça va aller, on persévère, nous avons nos fans et il y a de plus en plus de nouvelles initiatives. On vient juste de recourir au Crowdfunding via Pledge Music qui nous a permis de récolter pas mal de fonds pour produire le nouvelle album. Et c’est une excellente manière de rester connecté avec sa base de fans. Dans 10 ans je vous dis, ce sera super, on aura un contrôle total, déjà on gère notre site web, notre image et on vend même notre musique. 

Lati : Comme Papa Dee l’a déjà dit, on a lancé notre dernier projet grâce au crowdfunding, ce qui est plutôt cool mais ça a demandé énormément de travail. Il faut être prévenu ! Avec le recul, ça nous a probablement pris deux fois plus de temps pour faire ce disque. Tourner et monter les vidéos, planifier la mise en vente sur le net, gérer la boutique en ligne, alimenter et entretenir les réseaux sociaux. Mais cela reste une excellente idée pour permettre aux artistes de communiquer directement avec leurs publics. C’est un bon baromètre pour sentir à quel point les gens sont prêts à vous soutenir, surtout s’ils savent que les 20 € qu’ils donnent vont directement aux artistes et non pas 98% dans les caisses d’une maison de disques ou de Spotify. La difficulté principale est d’émerger au milieu d’un océan de projets sur le net. Ce n’est pas évident de réussir à attirer l’attention de personnes qui sont extrêmement sollicitées de toutes parts. Au final, nous avons obtenu un contrat de distribution pour le dernier album avec le label Dorado, celui-là même qui avait sorti notre premier disque « Cool and Steady and Easy ». Dès qu’ils ont lancé la machine, j’ai vite compris la différence. Comment aurions-nous pu assurer tout ce travail sans eux, il n’y pas assez d’heures dans une journée pour tout faire, gérer un label et un groupe en même temps. Nous avons toujours besoin des moyens qu’une maison de disques est capable de mettre en place, ne serait-ce qu’en termes de promotion et de marketing. Beaucoup de fans ne se rendent pas compte de tous les efforts et les champs de compétences que cela implique. Ensuite vous avez votre agent qui doit vous trouver des concerts, ainsi que pour tout un tas d’autres groupes. Aujourd’hui, gagner sa vie ne se fait plus que grâce aux concerts, non plus de la vente de disques, et certainement pas grâce à Spotify.  

————-

ATN : Vous vous produisez de plus en plus en DJ set. Est-ce une déclinaison de BFE que vous privilégiez ?

Papa Dee : Brooklyn Funk Essentials, c’est avant tout un groupe qui donne toute sa mesure en concert. Les Dj sets sont des petits bonus et beaucoup de fun . Parfois on joue avec le groupe dans des festivals ou dans une ville, puis çà nous arrive d’en profiter pour mixer dans un bar ou un club. On passe souvent de super moments, Je me souviens notamment d’une super soirée en Afrique du Sud, la vibe était incroyable, la veille de notre concert au South African Jazz Festival.

Lati : On mixe tous les deux, parfois séparément mais souvent ensemble, c’est ce qu’on préfère. Les morceaux qu’on jouent dans nos DJ sets correspondent vraiment à nos influences musicales. Et ce qui est particulièrement marrant c’est de pouvoir aussi mixer nos propres compositions avec les titres de nos artistes préférés. Cela donne une perspective intéressante qui aide à se rendre compte comment nos morceaux sonnent et s’ils tiennent la route. D’ailleurs, pour l’album « Funk ain’t ova », on en a fait l’expérience en testant nos nouveaux morceaux dans nos DJ sets. C’est très instructif, tant sur la plan du son et de la production que sur le plan musical pour juger de l’efficacité des chansons. Il est plutôt agréable de se retrouver dans la situation où quelqu’un essaye désespérément de vous shazamer sans savoir que c’est de vous ! On vous supplie alors de dire ce que c’est… Et bien, c’est notre nouveau projet et çà arrive bientôt ! On aime aussi roder sur scène les compositions en cours avant qu’elles ne sortent. C’est encore plus stimulant car le public découvre directement ce sur quoi vous travaillez et on apprend beaucoup des réactions immédiates.

—————

ATN : Quels sont les plans de Brooklyn Funk Essentials pour 2016 ? 

Papa Dee : On va faire plein de festivals. On va déchirer dans le monde entier, on sera partout ! Tenez-vous au courant, çà va être énorme !

Lati : On peut déjà vous donner quelques belles dates. D’abord on va jouer dans le mythique club londonnien, Ronnie Scott’s, le 21 janvier 2016. Ca fait plusieurs années qu’on ne s’est pas produits en Angleterre. Pour ce qui est de la France, ce que dont nous sommes certains, c’est que le 24 juin nous partagerons la scène avec Incognito dans le sud, près de Marseille. Ensuite, nous sommes particulièrement fiers d’être programmés le 29 juillet à Jazz in Marciac aux côtés des fantastiques…

Papa Dee et Lati : Earth Wind and Fiiiiiiire !!!

ATN : On se voit là-bas !

>> La chronique

>> Site officiel



About the Author

FonkATN
ATN est un DJ « gastronome musical » qui propose depuis plusieurs années des sets aux saveurs Soul Food, Disco Funk Dishes et Jazz Flavors pimentés de Grooves Electro. C'est à la qualité de ses sets qu'on reconnaît une soirée très "sélecte". Intégriste du Funk et suppôt de la Soul, DJ ATN est surtout un digger invétéré de tous les grooves, résident du New Morning et nouveau membre du collectif "Jazz Attitudes". Il est en plus un organisateur de soirées/concerts à surveiller (Kind of New, Soul/Brazilian Successions au New Morning) et un selector pour des compilations (Brazilian Funk Affair). Il se lance enfin dans la production musicale de remixes en collaboration avec les talentueux producteurs/arrangeurs Alex FINKIN (Aloe BLACC, HAIR, Vega Records) et YOUNG PULSE (JURIS, GAMM Records). En plus, il écrit aussi pour Fonkadelica.com !




 
Derniers articles
 
 

 

FONKADELICA webzine : c’est fini !

Tweet Email CevherShare Tweet Email Voilà c’est fini ! Après bientôt 18 ans de bons et loyaux services dans le cadre de la promotion de la soul, du funk et de tous leurs dérivés, c’est avec regret, mais aussi bea...
by Fonkadelica
3

 
 

Fonkadelica Radio Show – spécial Northern Soul

Tweet Email CevherShare Tweet Email 01. Martha And The Vandellas – Dancing In The Street (Gordy / Motown, 1964) 02. The Isley Brothers – This Old Heart Of Mine (Motown, 1966) 03. The Velvet Satins – Nothing Ca...
by Fonkadelica
0

 
 

[Compilation] AFRICAN SCREAM CONTEST 2 : la suite tant attendue !

Tweet Email CevherShare Tweet Email Une décennie après la sortie du premier volume, African Scream Contest, le label Allemand, Analog Africa, fait paraitre la suite de cette compilation sous le nom d’African Scream Cont...
by Fonkadelica
0

 




26 Comments


  1. BROOKLYN FUNK ESSENTIALS : « Nous faisons du funk Bio » Interview ⋆ FONKADELICAFONKADELICA https://t.co/TSLQbDnRQs via @Fonkadelica


  2. BROOKLYN FUNK ESSENTIALS : « Nous faisons du funk Bio » Rencontre et Interview ⋆ https://t.co/OeZCsRrbUK via @Fonkadelica


  3. vmchs

    Du funk qui mélange tous types de grooves ! J’espère gagner la place ! 😮



Laisser un commentaire