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Interviews

7 juin 2007

ALICE RUSSELL – La Soul made in England (2007)

Au lendemain d’un concert livré en plein air à Nantes le 1er septembre en compagnie notamment de son producteur et guitariste TM Juke, ce à l’occasion du réjouissant festival des Rendez-Vous de l’Erdre, la jeune icône de la scène soul-funk anglaise popularisée par le Quantic Soul Orchestra a répondu aux questions de l’équipe de Gimme Some More, émission radio locale. La nuit avait visiblement été aussi courte et agitée pour les uns que pour les autres, promettant un échange frais et spontané…

Vous avez grandi en écoutant beaucoup de musique, votre père était musicien… Quel est votre premier souvenir musical ?

Alice Russell : Mon premier souvenir, c’est le chant dans les églises, j’écoutais mon père car il dirigeait un orchestre… Je pense que c’est une bonne base pour écouter les harmonies. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir écouter cette musique, d’écouter mon père jouer du clavier à la maison, d’avoir une base « classique », et d’aller jeune à des concerts.

Vos influences sont la soul, le funk, le hip-hop ?

A.R : J’aime le hip-hop, oui. Au début j’écoutais du blues, de la soul, mais quand on allait faire la fête, les gars avec qui je sortais en soirée passaient beaucoup de hip-hop. Et puis on en est venu à sa source, la musique qui était samplée, le funk… Le hip-hop était vraiment un bon « professeur » de musique… L’ambiance à cette époque était un peu du genre : nous les filles ont disait « Allez les gars on va danser ! », mais les mecs préféraient tirer sur leurs joints (rires).

Pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec le monde de Brighton, les artistes tels que TM Juke (son producteur, ndlr), Quantic, le label Tru Thoughts, et nous expliquer pourquoi y a-t-il autant d’artistes talentueux là-bas ?

A.R : Brighton est finalement très proche de Londres, mais c’est près de la mer donc c’est encore mieux ! Au début je jouais avec un groupe de hip-hop et de soul, et lorsque Quantic a fait son premier album, il a souhaité ajouter du chant et le label Tru Thoughts nous a permis de nous rencontrer. Par la suite j’ai croisé la route de TM Juke, j’ai chanté sur quelques morceaux de son disque et l’on a poursuivi ensemble.

 

Vous avez repris un morceau des White Stripes (« Seven nation army », ndlr), et l’on a pu constater lors de votre concert nantais que beaucoup de gens connaissaient cette version. Qu’a changé cette reprise pour vous ?

A.R : C’était avec Nostalgia 77, qui a arrangé cette chanson en une version jazz, et à vrai dire je n’avais jamais entendu l’originale avant, c’était il y a quatre ou cinq ans. Ce morceau a permis à pas mal de gens de nous découvrir, ce qui est plutôt cool, et ils ont surtout voulu en savoir plus et donc découvrir mes autres morceaux. La réussite de celui-ci est surtout dû au génie de Nostalgia, à la manière dont ils ont arrangé le morceau avec ces cuivres et cette rythmique. De plus les paroles sont extra, Jack White (le chanteur des White Stripes, ndlr) est quelqu’un de bien.

Sur votre premier album, vous avez collaboré avec beaucoup de producteurs, mais seulement avec TM Juke sur le suivant. Comment travaillez-vous le prochain disque ?

A.R : C’est uniquement TM Juke et moi. Ce sera un peu deux albums en un : un côté plus soul old school, et un côté plus électro broken, parce que nous avons beaucoup d’influences différentes et que nous souhaitons les montrer.

En ce moment nous pouvons entendre beaucoup de jeunes chanteuses soul (Amy Winehouse, Joss Stone…), en quoi vous différenciez-vous ?

A.R : Vous êtes seuls juges ! Je sais ce que je fais, je sais que ça vient du plus profond de moi-même et que nous gardons les pieds sur terre…

Vous avez publié cette année le DVD d’un concert donné à Paris, quelle est votre relation à la France ?

A.R : J’aime beaucoup notre relation ! Nous sommes venus beaucoup de fois en France, notamment avec l’équipe de dj Soulist des soirées What The Funk, ils nous aident beaucoup. On est aussi allés à Montpellier, Cognac, Rennes. Nous aimons aussi et surtout la nourriture française et les Français…

Quels sont vos projets pour le futur ? Nous avons appris que vous n’étiez plus sur le label Tru Thoughts, pourquoi ?

A.R : C’est difficile, c’est assez récent… C’est un peu comme une relation amoureuse qui se termine, je connais très bien l’équipe et ça fait très bizarre pour moi de ne plus être avec eux maintenant. Je suis contente d’avoir travaillé avec un label à taille humaine, c’est très bien pour garder le contrôle artistique. Néanmoins ces structures manquent parfois de moyens, et j’avais besoin de m’épanouir, de grandir ailleurs… Mais nous travaillerons toujours ensemble, on fera toujours des sons ensemble ! Ce sont des gens très bien !

Quand vous êtes sur la route, quels types de musique écoutez-vous ?

A.R : Comme Quantic habite en Colombie désormais, il nous envoie des musiques locales, j’en écoute beaucoup. Je suis aussi branché sur David Axelrod, mais en ce moment j’écoute surtout Prince qui a fait des concerts à Londres récemment, il jouait des anciennes chansons à lui, je l’ai vu deux fois ! J’avais l’impression de revenir à l’adolescence !

Une petite question enfin à propos de ton blog; on y trouve une citation que tu pourrais peut-être nous expliquer : « It’s not my fault the marmot found a new home »

A.R : Et bien… La marmotte c’est un peu comme le furet tu vois ? (rires). Je me suis dit que quand je fais des trucs mauvais, ce n’est pas de ma faute, c’est de la faute de quelqu’un d’autre, donc pourquoi pas une marmotte ? C’est un peu idiot (rires)… Ce n’est pas une private joke, c’est juste un truc stupide !

 Propos recueillis par Nutz & Bassline en septembre 2007

Pour Gimme some more et Fonkadelica

Retrouvez cet entretien parmi d’autres sur Prun.net

>> Page Alice Russell sur le site de son ancien label [Tru Thoughts]
>> Site officiel
>> Blog

>> Trouver ses disques : Amazon | Fnac | Price Minister
>> Sa discographie

 

 



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